La position de l’Action Française à propos de l’université n’est pas la simple conséquence des actuels évènements, à notre sens seulement révélateurs de la chute finale de cette belle institution.
Cela fait des dizaines d’années qu’elle sombre, délaissée par les élites et récupérée par une certaine gauche. Elle devait être le fourre-tout de l’idéologie égalitariste : tout le monde a le droit au bac, tout le monde a le droit de faire des études supérieures, ce qui n’est pas dit c’est qu’ainsi tous ceux qui n’accéderaient pas aux filières d’excellence auraient le droit à une formation au rabais, sans valeur et conduisant directement aux postes subalternes dont la société capitaliste est si gourmande ou simplement au chômage de masse ; il ne faudrait pas oublier le droit si précieux d’être endoctriné par les belles âmes humanistes de Mai.
L’Université doit redevenir ce qu’elle était : une universitas, au sens médiéval, c’est-à-dire le lieu de l’intelligence, de la questio, du débat intellectuel, et enfin et surtout le lieu de la transmission des savoirs. Autant dire que pour nous, étudiants d’Action Française, l’université doit être au coeur de la cité comme berceau de la civilisation, notion si chère à notre vieux maître.
L’universitas est une universalité : elle est accès à l’universel par la transmission des savoirs, par l’élévation des jeunes par leurs maîtres, parce que du particulier à l’universel nous touchons l’ordre du monde, le cosmos, nous formons une civilisation (qui n’est rien d’autre qu’une voie particulière d’accès à l’ordre supérieur des choses, non pas une race ou un quelconque système économique, c’est pour cela qu’il n’y a pas de civilisation blanche ou capitaliste).
L’université est universalité également au sens juridique : l’État ne saurait y intervenir, encore moins son bras armé, la police, ou son équivalent économique, le marché. Elle est autonome, elle seule saurait décider des règles qui la commandent. Pour cette raison nous réclamons l’autonomie intégrale des universités.
Elle est universalité car cité au coeur de la cité elle est une communauté d’égaux et de leurs disciples appelés à s’élever à cette dignité. L’université devrait être un exemple vivant de la communauté la plus excellente, celle des amis. En bref l’université devrait être un sanctuaire.
Elle est loin l’université que nous appelons de nos voeux.
Voila pourquoi nous récusons le décret Pécresse modifiant le statut des enseignants-chercheurs, seuls ces derniers sont maîtres de leurs recherches et enseignements, et seuls ils devraient diriger le destin de leur communauté. Cela signifie que nous refusons aussi la toute puissance du président de l’université. Toutefois la contrepartie évidente de l’autonomie est l’excellence, c’est-à-dire la sélection : des professeurs autant que des étudiants. Il est impensable qu’une université autonome, visant comme toute communauté politique à l’excellence, se voit imposer son recrutement de l’extérieur. Nous réclamons donc l’abolition du baccalauréat et la sélection sur concours à l’entrée des universités. Par ailleurs cela pourrait avoir des effets bénéfiques sur l’ensemble du système scolaire si l’on laissait aux familles quelque liberté pour choisir l’établissement de leur progéniture.
Quant au financement, à côté de la réévaluation des droits d’inscription, nous appelons de nos voeux une véritable politique de bourses, menée par les universités elles-mêmes, permettant aux étudiants les plus méritants (et non les plus défavorisés) de financer intégralement leur cursus universitaire, de sorte que cela serait bénéfique aux établissement eux-mêmes, ainsi pourvus en bons étudiants, et à ces derniers. Nous appelons également à un financement autonome par le biais des droits d’inscriptions et de fondations encore à créer, par exemple d’anciens élèves ; car l’État et le marché ne devraient pas être en rapport direct avec ce sanctuaire. Cependant l’État pourrait accorder un chèque scolaire à chaque étudiant, qui le reverserait à l’établissement de son choix. De cette manière pourraient notamment être préservées les filières fondamentales concernant la civilisation : les humanités.
Pour aujourd’hui, derrière le slogan “autonomie, excellence, communauté” nous appelons les étudiants à soutenir leurs professeurs et à dire non au décret Pécresse. Contactez-nous pour les manières d’agir car bien souvent, dans nos facs, ce sont les vieux trotskistes qui tiennent les mouvements.